27 septembre 2009
Cosmétique de l'ennemi
Un homme en alpague un autre dans le hall d'un aéroport. A bâtons rompus, et en sourdine pour ne pas déranger leurs voisins, ces deux-là vont lier connaissance et, de fil en aiguille, se découvrir bien des points communs. Jusqu'au mot fin.
Avec son humour caustique et sa finesse d'esprit habituel, l'auteur nous emmène à sa suite dans cette rencontre bizarre. Un casse pied arrivé impromptu qui nous agace, un voyageur en attente que l'on plaint, voilà l'histoire plantée.
Evidemment, il ne s'agit pas d'un dialogue anodin, Amélie Nothomb, écrivain génial, sait nous surprendre de façon abracadabrante.
J'aurais pu vous parler de n'importe quel livre de cet écrivain atypique. "Hygiène de l'assassin", "Mercure", "Robert des noms propres", "Stupeur et tremblements", car je les ai tous appréciés. Surprenants, caustiques, Amélie est une véritable artiste, un guide qui vous entraîne dans une balade littéraire de qualité à savourer sans modération.
03 avril 2009
Bashert
La Pologne vient d’être envahie par les Allemands. Dans un petit village polonais, les habitants juifs attendent les soldats. Ils ne se leurrent pas, des rumeurs leur sont déjà parvenues sur la cruauté faite envers leur peuple. Ils savent que ces hommes vont tout détruire et les emmener loin, s’ils ne les assassinent pas immédiatement.
Au matin de ce jour particulier, le rabbin du village va montrer à un enfant, à sa communauté, à leurs agresseurs, comment il conçoit Dieu et l’Humanité.
A travers une histoire bouleversante, le message délivré s’avère si évident.
Pour ne pas oublier et qu’enfin, un jour, les hommes réalisent la portée de leurs pensées comme de leurs actes.
En prime, au Salon du livre de Bruxelles, le 10 mars, Joseph Joffo lui-même donne envie de lire Bashert.
08 mai 2008
Margaret Mitchell
Cet auteur (08/11/1900 - 16/08/1949) restera celui d’un seul livre, Gone with the wind. Mais quel livre ! une histoire romanesque entre un aventurier ténébreux et une jeune fille entière dévouée à la propriété familiale, Tara. Tout les sépare mais le destin n’aura de cesse de réunir ces deux-là à chaque coup du sort. Ce roman se déroule sur une période troublée de l’Amérique, en pleine guerre de Sécession, quand les américains s’entretuaient du Nord au Sud. Margaret Mitchell raconte autant les péripéties de ses personnages qu’elle décrit cette époque douloureuse.
Sans doute ce subtil mélange des genres explique-t-il, en partie, l’immense succès de ce livre, puis du film qui en fut tiré en 1936.
En fouillant sur internet, j’ai découvert sur un blog d’une passionnée de littérature et d’Autant en emporte le vent, qu’un autre manuscrit avait été écrit antérieurement par Margaret Mitchell. Mais ce que l’on gardera de cette femme, c’est ce coup de génie littéraire et cinématographique. Deux écrivains, Alexandra Ripley en 1991, puis Donald Mc Caig en 2007, ont voulu écrire une suite à son chef d’œuvre. Je ne m’étendrai pas là-dessus. Aucun ne connaîtra le succès d’Autant en emporte le vent.
Moralité, s’il y avait eu une suite à faire, Margaret Mitchell s’en serait certainement chargée. Je ne comprends même pas que ses héritiers marchandent à ce propos. Belle trahison. Bel appât du gain. Ils mériteraient qu’elle revienne les hanter…
31 janvier 2008
LE POETE "MAUDIT", CHARLES BAUDELAIRE (1821-1867)
Qui ne connaît pas ce poète « maudit » ?
Ce grand homme, ce génie des mots a qui l’on reprocha sa forme d’écriture, ses thèmes souvent dérangeants. Alors, certains, en ces temps où s’exprimer ouvertement est encore difficile, doutèrent de son état mental. N’était-il pas tout simplement en avance sur son époque !
Aujourd’hui Charles Beaudelaire est l’un de nos poètes français les plus reconnus.
Il né à Paris, le 9 avril 1821 dans un milieu bourgeois, cultivé et raffiné. Sa jeunesse sera heureuse jusqu’en 1827, date à laquelle son père meurt. Un an plus tard, sa mère se remarie avec le commandant Aupick ; Baudelaire ne l’acceptera jamais.
Très vite, le poète se sent attiré par le milieu bohème et marginal des artistes et des prostituées. Il cède aux tentations de la vie ardente et dissolue de la bohème romantique du Quartier Latin.
En 1941, il s’exile ou plutôt, sa famille fait en sorte qu’il parte loin de Paris et des lieux qu’il fréquente. D’ailleurs, il coupera tous contact avec ses parents.
De retour à Paris, quelques années plus tard, il vivra à outrance : Dandy à l’allure provocante, il dépensera plus qu’il ne faut l’héritage de ses proches qui indignés par le comportement de Baudelaire feront en sorte qu’il soit privé de ses droits sur la fortune familiale. Il devient par la force des choses, journaliste et critique littéraire pour gagner sa vie. Il fera entre autre la connaissance d’Edgar Allan Poe, poète et écrivain américain, encore inconnu en France et traduira quelques-unes des œuvres de l’auteur, pour les lecteurs français.
En 1857, il fera publié ses propres textes « Les fleurs du Mal » regroupant les poèmes écrits durant quinze années. Il sera attaqué en justice, son livre étant jugé « immoral ». Il ne se relèvera pas de cet échec. Le poète sombre : malade et miséreux, il s’endette.
En 1866, à Namur, Belgique, il a un grave malaise le laissant paralysé et privé de la parole.
Il meurt en 1867, en France et sera enterré au cimetière du Montparnasse, à Paris.
Extrait de « les fleurs du Mal »
X - L'Ennemi (Spleen et Idéal)
Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage,
Traversé çà et là par de brillants soleils ;
Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage,
Qu'il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils.
Voilà que j'ai touché l'automne des idées,
Et qu'il faut employer la pelle et les râteaux
Pour rassembler à neuf les terres inondées,
Où l'eau creuse des trous grands comme des tombeaux.
Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve
Trouveront dans ce sol lavé comme une grève
Le mystique aliment qui ferait leur vigueur ?
– O douleur! ô douleur! Le Temps mange la vie,
Et l'obscur Ennemi qui nous ronge le coeur
Du sang que nous perdons croît et se fortifie !
son œuvre :
1845 : Salon de 1845
1846 : Salon de 1846 Delacroix, Vernet)
1847 : La Fanfarlo, nouvelle
- Traduction du Chat noir, d'Edgar Allan Poe
1851 : Du vin et du haschich et Fusées
1854 : Traduction des Contes extraordinaires, d'Edgar Allan Poe
1855 : Exposition universelle (Ingres, Delacroix)
- Publication de dix-huit poèmes des futures Fleurs du Mal
1856 : Traduction des Histoires extraordinaires, d'Edgar Allan Poe
1857 : Les Fleurs du Mal
1858 : Poème du haschich
1859 : Salon de 1859 (Boudin, Millet, Corot, Manet)
1860 : Les Paradis artificiels
1862 : Deuxième édition enrichie des Fleurs du Mal
- Réflexions sur quelques-uns de mes contemporains
- Richard Wagner et Tannhaüser à Paris
- Le Spleen de Paris
1863 : Le Peintre de la vie moderne
- L'œuvre et la vie d'Eugène Delacroix
1864 : Dernières traductions des œuvres d'Edgar Allan Poe
- Mon cœur mis à nu
Article écrit par Grimette55, le 31 janvier 2008, pour LA PLUME



