Auteur : Sophocle (495 av. J-C-406 av. J-C) (Ve siècle av. J-C)

Genre : théâtre grec classique, ironie tragique, sans doute le premier roman policier jamais écrit.

Repérage historique et culturel :

Au début du Ve siècle av. J.-C., les Grecs parviennent à repousser les troupes de l'immense Empire perse lors des guerres médiques. La bataille de Salamine (480 av. J.C.) assure l'hégémonie de la Grèce en mer Égée. La Grèce connaît alors un « âge d'or ». Certains penseurs, Parménide, Empédocle, Leucippe inaugurent de nouvelles manières d'envisager le monde. Athènes, où une démocratie s'est mise en place, occupe une place prépondérante sur les plans politique et artistique. 

Oedipe roi de Sophocle

 

Résumé :

Thèbes connaît un ensemble de drames, les récoltes gâtées, bétails décimés, femmes accouchant d’enfants morts-nés. Créon, parti interroger le Dieu Appolon, revient informer Oedipe. Le dieu veut que l’assssin du roi Laïos soit débusqué et puni. Oedipe déclare qu’il se fait un devoir de rendre justice à ce roi qu’il n’a jamais connu et de bannir son meurtrier hors de la cité. Sur les conseils de son beau-frère, il voit le devin Térésias mais refuse de le croire lorsque ce dernier l’accuse d’être l’assassin de Laïos. Jocaste lui raconte qu’à l’époque, l’unique témoin du crime, un pâtre, avait parlé de brigands et non d’un seul homme à la Phocide, à la fourche de deux grandes routes. Cette précision inquiète Oedipe, qui l’interroge plus précisément sur le moment et l’endroit, le physique de Laïos, s’il était accompagné et par qui. Pour en avoir le coeur net, Oedipe demande à sa femme de faire venir le pâtre au palais. Entretemps, un messager arrive de Corinthe pour informer Oedipe de la mort de son père. Jocaste en profite pour montrer à Oedipe que les devins ne sont pas crédibles, qu’elle-même n’y croit plus depuis qu’on lui avait prédit que Laïos mourrait de la main de son fils alors qu’il n’en fut rien. 

Cependant, le messager apprend à Oedipe qu’il l’avait trouvé nourrisson dans un champ, que Polybe et Mérope ne sont pas ses vrais parents. Devant Jocaste, il fournit des détails qui font comprendre à celle-ci que Oedipe est son propre fils qu’un berger de Laïos lui aurait laissé. Oedipe pressent que le pâtre témoin du crime de Laïos pourrait être aussi celui qui l’avait donné au messager. Jocaste, qui a compris toute l’horreur de la situation, tente de protéger son fils et son mari et de dissuader Oedipe de poursuivre son enquête et d’interroger le berger. Oedipe refuse, elle sait alors qu’il ne lui reste plus qu’à mourir, elle rejoint ses appartements. Le pâtre confirme les sombres soupçons d’Oedipe. Celui-ci part rejoindre Jocaste dans sa chambre, il la retrouve pendue. Il la pose au sol, détache les agrafes de son vêtement et se crève les yeux à maintes reprises (auto-lapidation). Enfin, il se présente au choeur (le conseil des anciens, les citoyens) et à Créon, prêt à s’en aller. Dernière requête, il demande à Créon de prendre soin de ses filles. Il demande à leur parler. Créon l’invite à rentrer au palais afin de parler de tous ces faits en famille. Il entre avec Créon et ses deux filles d’Oedipe et Jocaste, Ismène et Antigone.

Buts de Sophocle : montrer comment on fait et défait les rois (en les mythifiant comme en les destituant), se dégager des mythes pour fonder une démocratie fondée sur le droit, qui profiterait à tout citoyen. Spectacle politique.

Personnages

– Oedipe, le roi de Thèbes

– Créon, son beau-frère

– Jocaste, femme d’Oedipe et soeur de Créon,

– Tirésias, devin aveugle,

– Un messager de Corinthe,

– Le pâtre, serviteur de Laïos,

 

Auteurs contemporains : Eschyle (né en 525) (Les Perses, Les Sept contre Thèbes) et Euripide (né vers 485-480) (Médée, Les suppliantes) : Avec Sophocle, ils sont les trois grands tragiques grecs dont l'oeuvre nous est partiellement parvenue.

Extrait du livre : ... Ce fut Apollon, amis, Apolllon, Qui lança les maux que voici, les maux sur moi que voici, sur moi, ces horreurs ! Mais la propre main, et la seule qui m’a frappé, c’est bien la mienne ! Tout m’accablait : pourquoi devais-je conserver encore un regard, quand plus rien ne s’offrait à moi, où mon regard eût pu trouver la moindre joie ?...

Ouvrages traitant de Oedipe-Roi :

. Oedipe-Roi, film de Pier Pasolini (1967) (1h30)

. Production : Université Paris Diderot (30 mns)